Projets du gouvernement concernant la loi de finance de la sécurité sociale 2026

Le PLFSS 2026 prévoit certains projets importants qui pourront rentrer en vigueur le 1er janvier 2026, impliquant plusieurs changements :

  • Le PLFSS prévoit la suppression définitive de l’exonération de cotisations sociales salariales pour les apprentis, sur tous les contrats qui seront conclus en janvier 2026.

Aujourd’hui, cette exonération s’applique aux rémunérations jusqu’à un plafond fixé par décret (50 % du SMIC depuis mars 2025, contre 79 % auparavant), avec des différences selon la date de signature du contrat. Cependant, la réforme ne concerne pas l’exonération de CSG/CRDS, qui reste en vigueur. 

Cette suppression entraînera une augmentation des cotisations sociales sur la rémunération des apprentis, réduisant leur revenu net, mais pourrait aussi augmenter leur éligibilité à certaines prestations sociales (comme la prime d’activité).

  • Le PLFSS 2026 prévoit d’augmenter la contribution patronale sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite, passant de 30 % à 40 %
  • Le PLFSS 2026, prévoit de soumettre au forfait social de 8 % la contribution des employeurs à certains avantages sociaux bénéficiaires d’un régime social très favorable, considérés comme des niches sociales. 

Ces avantages incluent notamment : la participation de l’employeur aux titres-restaurant (pour leur part exonérée de cotisations et CSG et CRDS), la mise à disposition d’équipements sportifs et le financement de prestations sportives, les aides financières pour services aux personnes ou garde d’enfants (notamment le préfinancement du CESU, avec une limite annuelle de 2 540€ en 2025), la contribution de l’employeur aux chèques-vacances (dans les entreprises de moins de 50 salariés ou sans CSE), ainsi que les contributions pour le financement d’activités ou de services sociaux et culturels.

  • Le projet prévoit de rendre facultative la visite médicale de reprise après un congé de maternité.

    ⚠ Ces mesures dépendront de l’adoption finale par le Parlement, avec la possibilité de modifications ou de suppression lors de l’examen parlementaire. Le gouvernement privilégie le dialogue parlementaire et renonce à utiliser l’article 49.3 pour faire adopter la loi.

    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1907_projet-loi

    DECISION SUR LES CONGES PAYES DE LA COUR DE CASSATION DU 10 SEPTEMBRE 2025 

    REPORT DES CONGES PAYES PLACES EN ARRET MALADIE – SEPTEMBRE 2025

    Selon la décision de la Cour de cassation, le 10 septembre 2025, un salarié tombé malade durant ses congés payés se voit en droit de reporter ses jours de congés payés coïncidant avec l’arrêt de travail. Ce report ne fonctionne que si le salarié a informer son employeur et adresser son arrêt de travail.

    Des modalités restent à définir concernant le report des congés payés ainsi que le traitement en paye des arrêts maladies (indemnisation CPAM).

    CONGES PAYES ET CALCUL DES HEURES SUPPLEMENTAIRES ?

    Auparavant, les jours de congés payés, n’étant pas assimilés à du temps de travail effectif, n’avaient pas à être pris en compte pour la détermination des heures supplémentaires. 

    Cependant depuis une décision de la Cour de cassation le 10 septembre 2025, pour les salariés soumis à un décompte hebdomadaire de la durée du travail, les jours de congés payés doivent être pris en compte pour le calcul des heures supplémentaires.

    En ce sens, ce salarié peut prétendre au paiement d’heures supplémentaires même si pendant son congé payé il n’a pas effectué 35H de travail. 

    https://www.courdecassation.fr/decision/68c13312021d8d629a161216

    CHANGEMENT DU TAUX DE PRELEVEMENT A LA SOURCE – SEPTEMBRE 2025

    Auparavant le taux de prélèvement à la source correspondait à un taux de foyer, à partir du 1er septembre 2025 c’est le taux individualisé qui s’applique par défaut (l’article 19 de la loi de Finances pour 2024). 

    Ce sont les couples mariés ou pacsés qui sont concernés par ce changement.

    Le taux individualisé implique que chaque membre du foyer se voit attribuer le montant de l’impôt correspond à ses revenus propres. Ce taux n’a aucune conséquence sur le montant total de l’impôt du foyer, il est seulement réparti entre les deux conjoints, en fonction du revenu de chacun. En conséquence, il est possible que le montant de salaire net perçu augmente ou baisse (en fonction de vos revenus). La DGFiP vous informera directement de l’évolution de votre taux. 

    Il est toutefois possible de garder le taux de foyer si cela est votre choix. Pour se faire il faut cocher l’option dans la déclaration, au sein de l’espace fiscal en ligne ou auprès des services de la DGFiP. 

    En cas de confidentialité du taux, c’est toujours le taux neutre qui s’applique. 

    https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048806572

    NOUVEAUTES PAIES 2025

    Cette année peu de changements, voici les mesures mises en place :

    • Tickets restaurants : L’exonération maximale de la participation employeur est de 7.26€/TR.
    • Plafond mensuel de sécurité sociale (PMSS) passe à 3 925€.
    • Gratification des stagiaires : le seuil de franchise reste fixé à 4.35€/heure.
    • Le SMIC ne change pas, pour rappel il a été augmenté en novembre 2024 en passant à 11.88€/heure.
    • Mesures de soutien à l’alternance pour 2025 : le Gouvernement reconduit par décret une aide pour les employeurs embauchant des apprentis. Elle sera d’un montant de 5 000  pour l’embauche d’un apprenti au titre de la seule première année du contrat pour les entreprises de moins de 250 salariés et de 2 000 € pour les autres entreprises.
    • Dispositif de prime de partage de la valeur : les entreprises de 11 à 50 salariés qui réalisent un bénéfice net fiscal d’au moins 1% du chiffre d’affaires pendant 3 ans consécutif, devront soit :
      • Verser une prime de partage de la valeur
        • Mettre en place un régime d’intéressement ou de participation
      • Abonder sur un plan d’épargne salariale ou retraite d’entreprise
    • Les taux de cotisation accident du travail et maladie professionnelle fixés en 2024 seront prolongés à minima jusqu’au 31 mars 2025 ou au plus tard dès qu’une loi de financement de la sécurité sociale ainsi que les arrêtés seront promulgués.

    Obligation de Partage de la Valeur pour les entreprises de plus de 11 salariés

    A partir du 1er janvier 2025, un dispositif de partage de la valeur devient obligatoire dans les entreprises de 11 à 49 salariés, sous certaines conditions.

    Quelles sont les conditions :

    • employer au moins 11 salariés et moins de 50 salariés (l’effectif étant l’effectif moyen annuel calculé au 31 décembre N-1 sans neutralisation du franchissement de seuil)
    • être constituées sous forme de société ;
    • réaliser un bénéfice net fiscal positif au moins égal à 1 %
      du chiffre d’affaires pendant 3 années consécutives. Pour 2025, les années 2022/23/24 seront à prendre en compte.
      • Les entreprises déjà couvertes par un dispositif de partage
        de la valeur (participation, intéressement, abondement
        à un plan d’épargne salariale, prime de partage de la valeur)
        ne sont pas tenues par cette nouvelle obligation.

    L’objectif étant pour ces entreprises de soit :

    • d’instaurer la participation (accord/accord dérogatoire/adhésion à un accord de branche agréé) ;
    • d’instaurer l’intéressement (accord/DUE/adhésion à un accord de branche agréé) ;
    • d’abonder un plan d’épargne salariale (PEE, PEI, Perco ou Pereco d’entreprise/interentreprises) ;
    • de verser une PPV .

    Ces dispositions sont prévues à titre expérimental pour une durée de 5 ans et seront appliquées au 1 er janvier 2025.

    L’essentiel sur les dispositifs de partage de la valeur en France (economie.gouv.fr)

    Vos obligations sociales en toute sécurité